Tome II page 259
 

1. baroche B 1635 Pier. 667, barroiche 1565, ber(r)oche N XVe‑XVIIe s. Pier., berouche 61 1492 id.; bartch B 64, bèratch 6 Porr., bèrotch N 40. Cf. n. de l.

‖ S. f. Paroisse. «Delivré ... pour pendre la clochete de la berroche» (Neuch. 1470. Mus. neuch. 1905, 66). «Donné ... es pouvres de la baroche, 6 liv.» (B Moutier 1635. Pier.). Ban de berroche, ban de paroisse, tribunal inférieur local (anc. N); voir ban 6o. «Sera delivré pour chaque ban de berroche quattre batz» (Cernier 1636. Pier.). Noms de lieux: en son Paroisse (Sgf. 90), bareiche 1755, point culminant des communes de B Épauv. et Épiquerez, qui forment la paroisse d’Épauv.: an soun barètch (Épiq.), an son baratch (Épauv.); à la Baroche N Sagne, Pré de la B. 1675, propriété de la commune et anciennt de la paroisse; la Berroche Vd Bursinel; en Baroche (Sgf. 443) Vinzel; la Baroche B: 1. ancienne paroisse de Charm., qui comprenait, avec ce village, Miécourt, Pleujouse, Frégiécourt, Asuel et une partie de Lucel; 2. ensemble des paroisses de Vauffelin, Péry et Orvin; 3. se dit au Petit Val de la contrée de Rebévelier, Lajoux et les Genevez; la Béroche N, territoire de l’ancienne paroisse de St‑Aubin, comprenant les communes de Gorgier, St‑Aubin, Sauges, Fresens et Montalchez, auxquelles Vaumarcus et Vernéaz se sont ajoutés depuis le XIXe s.: la bèròtsə. [Mr.]

Dérivés: berrochial N 61 1495 Pier., paroissial; — ethniques: barotchïn, ‑aïn·n B 22, 2 Vauff.; barètch 6 Porr.; fr. bérochau, ‑aude ou ‑ale N Bér. Pier.

Résulte d’un croisement des deux mots du latin ecclésiastique basilica «église» et parochia «paroisse»; REW 972 et 6249; FEW, I, 270. La même forme est connue en afr., notamment dans l’est, et a survécu dans des noms de lieux (God. Basoche, et Compl., paroisse; Longnon, nos 1391‑98; Pier. Béroche). Contrairement à l’opinion qui ne considère baroche que comme une variante phonétique de paroche, perroche, etc., opinion à laquelle paraît aussi se rallier Glättli, Probleme der kirchl. Toponomastik, 113, n. 4, nous pensons que c’est à basilica que baroche doit son b initial et le ‑che final, tandis que ‑aro‑ proviendrait de parochia. Cette forme hybride a généralt été supplantée par paroisse et ses var. (voir ce mot). Elle s’est toutefois maintenue en quelques endroits comme toponyme pour désigner le groupement des villages et hameaux appartenant ou ayant appartenu à la même paroisse. C’est le cas de plusieurs des n. de l. relevés ci‑dessus. Il existe aussi en SR des noms locaux qui continuent directement basilica; voir Basuges. Jj.

Pour citer cet article : baroche 1 (réd. Jj.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 259.

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