Tome II page 343
 

brklya Vd 34, 80, 82, V 22, 23, 73‑75, 8, G 10 (bér‑), ‑kla V 20, 60, 70, ‑klyə Vd 92, ‑kya F 63, N 1 St‑Aubin, ‑tya 11, ‑ky‑ty 42, 51, 60, 61, ‑ḥlya Vd 10, 19, 31, 34, F 1, 2, 30, ‑ḥlahla V 14, 46, 47, 51 (bèhla ALF), ‑ḥa Vd 16, V 21, 32, F 5, ‑ṣa Vd 14, 1 Ollon, V 12, 43, 54, 55, ‑fa 13, 42; bèḥlya Vd 51 (ou b(r)ḥlya), V 48, F 33, ‑ḥla V 31, 35, 50, ‑ḥa Vd 73, F 31, 34; avec infl. de perche: brtsé V 44 ALF. Fr. bercle SR anc. et mod., depuis le XVe s., Pier. 50 et 667, pl. bergles F 1644. Anc. formes berclaz F 1686, lat. bercula Vd 1550, V 1693, bercla 1700. — Gignoux, Vigneron, 6; ALF 1327 (treille). Cf. n. de l.

‖ S. f. 1o Treille, vigne en treille ou en espalier, ceps de vigne grimpant contre une muraille (Vd‑N). A Vd Antagne, on voit une bercle courir le long d’une grange, arriver sur le toit et passer de là sur un pommier. Désigne aussi un berceau formé en reliant deux rangées de ceps (V Nend., Aven) ou le treillage qui décorait certains jardins de ville (anc. Vd, F et N). «Pour meliorra les bercles dou curtil [jardin]» (F 1448. Comptes Hôp. AC). «Pour ung chert [char] de crossel [lattes] pour refaire la bercle du dict hospital» (Vd Laus. 1523. Comptes, D 223. Ac). «Si ... une femme enceinte prenoit qques raisins en une bercle ou treille ... sera tollerable ... pour un coup» (Vd Aigle 1679. H 49. Ac). «Medietatem unius domus cum una bercula adjacente» (V Riddes 1693. Not. Challand. AC). «Unam peciam [pièce] prati et berclae» (V Fully 1700. Not. Lovey. AC). bèrḥlyə pròspiron, les b. prospèrent (Vd Blon.). E vo vənindja a brḥla? avez‑vous vendangé la treille? (V Châble). I zu on·na brinló a ma brḥla, ma treille a produit une hotte pleine (V Vionn.). ‖ Désigne aussi parfois des arbres fruitiers en espalier (V Miège, N Sav.). 2o Échalas, perche servant à ramer les haricots et les pois (Vd 5‑8 spor., surtout F). Prin kmin ouna bèrḥlya, grêle comme un éch. (F Gru.). ‖ Adjectivt. Haricots bercles, h. qui s’enroulent autour de perches (Vd Lugrin, 47). ‖ Fig. Personne longue et maigre (F 1, 2). Tynta grnta brḥlya! quelle perche! (Crés.). Nom de fam. Berclaz V. Noms de lieux. Env. 20. A la Berclaz (Sgf. 435) Vd Échandens; «super vineam de la rua [rue] que dicitur Bercla» Vd 1238. MDR, VI, 643); a la bèrṣa V Vouv., pré; id. Monthey (La Berclaz, Sgf. 483 bis); Longue Berclaz St‑Léonard: a la londzə brkla; Derrey la Berclaz (Sgf. 325) F Vallon; Les Bercles Neuch., quartier. Formation masc.: au Bercloz Vd Aclens: aou bḥlyò; Proz‑Berclaz V Cham.: in pró bhlò; au Berclos G Jussy 1742, Satigny 1781, au Bercloz Troin. 1812, etc.

Dérivé: bèrkl Vd 82, ‑tyè N 12, fr. berclet N Pier., sarment de cep ployé en demi‑cercle; berclettes V 43 Inv. Massard 1681, rideaux de lit à arceaux; n. de l. en la Berclettaz Port‑Valais 1715.

Paraît dérivé du lat. pergula «treille», devenu *bercula par une altération réciproque des consonnes plosives; Hasselrot, Ollon, 149; comp. REW 6413; cf. les cas analogues: anc. esp. cridar altéré en esp. mod. gritar et le t. de tisserand it. dial. *te·ndetchar «ensouple», dérivé de tendicula, devenant de·ntkyr à Urbino et de·nttchar à Mirandola (REW 8641). On retrouve le type *berc(u)la en Sav. (ALF 1327, p. 947) et dans le Tessin, Verzasca brkòla «palo orizzontale del pergolato» (Ke. Tessiner Dialektol. 123). Abstraction faite de difficultés chronologiques, comme le passage de tl à kl, l’ingénieuse explication de Jaberg (Vox rom. IV, 173) par *ber‑t(i)ula (du radical de *bert(i)are «bercer»), qu’appuie le fr. berceau «tonnelle», se heurte à la forme tessinoise citée plus haut. La dérivation pertica > perca > perc(u)la (Gignoux, 6) explique mieux le sens 2o, mais suppose une formation hybride et ne rend nullement compte du passage de p‑ à b‑, qu’on ne peut pas non plus expliquer par l’infl. du fr. berceau, it. dial. bersó «treille», inconnu à la SR.

Tp. Gch.

Pour citer cet article : brklya (réd. Tp. Gch.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 343.

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