Tome II page 351
 

brtso, ‑ou, f. ‑ə, ‑è Vd 2‑9, Br., Dum., V 18 (f. ‑a), 23, 35, 4, 50, 51, F 1‑3 (ou bḕtsou 34), N 22, ‑ə m. Vd 1, 34, 35, 40, 80, 92, ‑é 45, bèrtch N 51, 61, Barrillierberche»), ‑o V 55, N 21 (f. ‑a), ‑ou Vd 36, ‑tchyo V Conth. Ba., 71, bḗrtch N 32, bartcho 20; bèrdzo, f. ‑ə V 60 Favre, bèrzo 7, 8; brṣo Vd 14; bètso, ‑ou F 1 Bor., 51, 54, bèitsou 53, bètchou 6 Court., bètch B 21, 36, 4‑6, Ra., Qui., bétch 48. Fr. berche Vd, G, N Pier., B Pé., bètse F Gr.ALF 1453 (bancal).

‖ Adj. 1o Brèche‑dent, qui a perdu une ou plusieurs dents de devant (Vd, F‑B). «Lorsqu’elle seroit berche ou aiant des dentz rompues» (N Sagne 1655. Not. J. Convert, 94). Édenté, qui n’a plus de dents. T’i dzò tò btsou, tu es déjà tout édenté (F Gr.‑de‑V.). Lé ymès son bètch, les escargots sont sans dents (B Épauv.). Loc. Èl ā bḕtch, èl é moju lè véy ā tyu, il est brèche‑dent, il a mordu la vieille au cul (B Charm.; id. Bois). Anviə lé bètch é nœjéy, envoyer les édentés aux noisettes, agir au rebours du bon sens (B Épauv. Surdez, Prov. 619). Raillerie: Bèrtsə! bèrtsə də na din, | Tsakon pāo kakā dədin, édenté qui n’a plus qu’une dent, chacun peut ch... dedans (Vd Villen.; aussi Month.). ‖ Lé bḕtch, sobriquet des habitants de Tav. (B). Nom de fam. Berche Vd Penth.: brtso. ‖ S’emploie, par anal., en parlant d’outils auxquels il manque des dents (râteau, scie, trident) ou qui sont ébréchés (couteau, etc.). On·na résə tta bèrtsə, une scie ... (Vd Pailly). Muralyə brtsè, muraille dont la partie supérieure est ébréchée (Vd Blon.). 2o S’applique aussi à des personnes dont la bouche est mal conformée: mâchoire inférieure proéminente, lèvre pendante ou fendue (Vd Orm., V Champ., Châble). Par ext., se dit en V des divers défauts de conformation des jambes, ainsi que de la démarche irrégulière qui en résulte: qui a les jambes tordues (Leytr., Cham., Ayent, Mase), boiteux, cagneux, bancal, perclus, qui marche de travers, etc. (V 2‑5, 7, 8). E brtso, a ona di tsnbè kə baltè, il est b., il a une jambe qui ballotte (Châble). Cf. bèrtsèy. Estropié, difforme. L a lè man [mains] brzè (Grim.). T a pā brzè la lïn·a, tu n’as pas la langue estropiée (ib.). Substantivt. T’é oun brzo, tu marches en fauchant (Vernam.). ‖ Par ext. Gauche, maladroit (Nend.). ‖ En fonction d’adv. Talyè brzo, couper maladroitement (Grim.). 3o Se dit de choses où on constate des vides, des lacunes. Adou brtso, carré de jardin où une partie des semences n’a pas levé (Vd Blon.). Lé rəzin dé m son vənu bîn brtso, les grappes de raisins de mars se sont bien rapetissées depuis la floraison (ib.). ‖ S. f. Bḕtch, endroit d’un champ où la herse n’a pas passé; partie d’un plancher qui n’a pas été lavée (B Bois). 4o Qui présente un aspect défectueux, anormal: tordu, de travers, qui penche, qui n’est pas rectiligne, etc. (V). Rayə bèrzə, sillon sinueux (Grône). On pan tò bèrts, un pain tout difforme (Leytr.). Adverbialt. Vrëyé brtso, tourner irrégulièrement (roue); fig., avoir des hauts et des bas (malade) (Châble). 5o Noms de lieux: Bertzo V Ayent (Sgf. 481), groupe de chalets; Bertzé Sav. (Sgf. 481), pâturage où se trouve un rocher entaillé: bertsə.

Paraît être l’adj. verbal du précédent, lequel a pu être, en SR, plus répandu autrefois qu’il n’est auj. Même formation, avec et sans r, dans plusieurs patois fr.; FEW, I, 509. Au point de vue sémantique, cf. l’analogie avec l’adj. bgo. Tp. Jj.

Pour citer cet article : brtso (réd. Tp. Jj.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 351.

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