Tome II page 403
 

biscôme, ‑aume Vd, G‑B 1, Pier.; biskmo Vd Br. (sous bekoumo), G 10, ‑ou Vd 36, «beskome» G Dur., bəskómə V 32, ‑òmo F 2, ‑oumo, ‑ou Vd 14, 19, 21, 31, 35, 60, 64, 69, 70, Dum., F 31, 51, 53, ‑ə Vd 1 Ollon, 16 (bès‑), V 13, Ba., ‑onmo 43, bìskoumo 80, bskoumo Vd 10, 61, bichkómou F 21, bechkoumo Vd 24, 82, F 1 Bor.; bəsk‑ Vd 71; bəkoumo Br. var., Mo.; bechkoubo F 1 Co. (ou buch‑), buchkubo 13‑15, Glasson, ‑ub 16, ‑èkubo 1 Co., bəstyubo 63, beskibou Journ. Estav. 1901, 23, busk‑ 56. Anc. formes biscome Vd, F et N XVIIIe s., biscobe F XVIe s.

‖ S. m. 1o Pain d’épice brun, particulier à la SR et all., ordin. de forme rectangulaire et souvent décoré d’un ours en sucre blanc, d’après l’armoirie de Berne. Il y en avait autrefois qui avaient la forme de personnages ou d’animaux, Cf. abrəkə et illustr. Le biscôme se compose de farine, de miel et de diverses épices (cannelle, safran, clous de girofle, etc.). On en fait aussi aux amandes ou aux noisettes. [Il] «la demanda qu’elle leur purtast du biscobe et des brisselz [gaufrettes]» (F Pont 1541. Corresp. Bailliages. AC). A la frə, on nə vèyè tyè lè ban dè bəskmou, à la foire, on ne voyait [comme enfant] que les étalages où étaient exposés les b. (F Gr.‑de‑V.). «Ces mutz [ours de Berne], éclatant de blancheur sur le biscôme brun, règnent en maîtres à la foire» (N Pier.). I sanbl na pn·na an biskmo, il a l’air d’une poupée en b., il a une démarche compassée (G Herm.). Él é djna kòmè on biskóm, elle est jaune [brûlée par le soleil] comme un b. (N Couvet). ‖ Dzoyi u bèskoumə, jouer au b. (Vd Orm.); jeu consistant en une série de battements rythmés des mains, exécutés par deux personnes assises l’une en face de l’autre. ‖ Nom de vache de couleur brune (Vd Ross.). ‖ Nom de lieu: Biscôme N Gorg. 2o Biscôme ou herbe de biscôme désigne deux plantes: 1. Peigne de Vénus (Scandix pecten Veneris L.) (Vd Leys., F 2 Savoy). 2. Myrrhis odorante (Myrrhis odorata Scop.) (Vd Aigle Decoppet, Blanchet, Dum., etc., F 2 Savoy).

Dérivé: bəskoum, ‑rə, etc. Vd passim, fr. biscômier, ‑ière Vd, G, N Pier., lat. biscoberius Vd 1506, celui, celle qui fabrique ou vend des b.

Mot dont l’histoire est encore en grande partie hypothétique. Il ressort de l’examen des anciennes formes que le type frib., avec sa terminaison caractéristique en ‑bo, est le plus archaïque. Nos collaborateurs L. Ruffieux et H. Savoy, s’appuyant sur le fait qu’à Fribourg on vend pour la Saint‑Nicolas des pains d’épice représentant ce saint, patron de la ville (voir fig. et cf. Bauer, Gebäck, p. 84), croient que ces figures ont été jadis désignées sous le nom d’episcopus «évêque», d’où serait née l’appellation populaire biscobe (F XVIe s.), avec ses nombreuses variantes patoises. Ce terme, d’origine frib., se serait généralisé dans son emploi et propagé dans les régions voisines, où bəskbo serait devenu par dissimilation bəskmo. Dans l’usage moderne, cette forme, francisée en biscôme, tend à supplanter entièrement les synon. abrəkə, lèbkəḣ, issus de l’all. s. Lebkuchen. La concurrence entre ces synon. se manifeste déjà dans la termin. de formes frib. anciennes de lèbkəḣ: lebescoboz, ‑be, ‑cuobo, ‑cuaboz 1478, lebscuobe 1570, etc.

Tp. Jj.

Pour citer cet article : biscôme (réd. Tp. Jj.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 403.

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