Tome II page 780
 

BREUIL, bruyt N 1351, 1429, brouy, brou(e), brue 6 XVIe‑XVIIIe s. Lat. brolium. Cf. n. de l. — Pier. 80, 673.

‖ S. m. 1o Pré ou ensemble de prés, probablt clôturé: «Pour fener le bruyt de Fontannes; pour XXXII seitours [faucheurs] et LX feniours ou bruyt» (N Val. 1351. Pier. 80; auj. n. de l. le Breuil à N Fontaines). «Dellivré à ceux qui hont syez le bruyt, pour huit soyteux» (N 1429. Pier. 673). «Juxta brolium ecclesie de Dinisy; [pré sis] in brolio supra dictam aquam» (Vd Denesy 1525. Mi.; auj. n. de l. Au Bré: ei brə). ‖ Partie d’un pré, enclos: «Le prey appartenant à la Communaulté a esté party pour faire des brouy. Ceux ausquelz ilz escherront seront entenuz iceux bien clore» (N Cress. 1575. Pier. 80). «Au parc ou brou de ladite vacherie» (ib. 1597). «Un morcel de pré gisant a la montagne joûte les brües de la mettairie des genisses» (N Land. 27 nov. 1702. Not. J. Brochatton. Ac). Fr. «Faucher un breuil», une parcelle du territoire appelé le Breuil (N Fontaines Pier.). 2o Noms de lieux (plus d’une centaine de Breuil, Broillet, etc. Aire: Vd sans Alpes et V. de Joux, V très rare, G, F sans Gruy., N sans Mont., B sans Fches‑M.). Le Breuil N Coffrane (Sgf. 132), ou(z) Bruef 1342, 1420, ou(z) Bruyl, ‑il, ‑y(t), ‑it 1342, XVe s., ou Breul 1427, «les habitans doibvent fener, secher, recueillir et haberger le foing du Bruyl de Monseigneur de Vallangin» 1531, le Bruel de C. 1531 (Mus. neuch. 1897, 218), au Bre es champs du Bruez 1547, au Breu 1600, 1608: lə br, prés; les Broues N Lign., ou Bruyt, ‑it 1431, le Brueux 1621, les Brouës 1722: é brəye, prés, jardins, bât.; le Breuille B Cœuve, le Breuil 1750 (Hallauer, 43): ā bry; les Brus N Bevaix (Sgf. 310): é bru, prés; au Bret F Lully, ou Bruyt 1403: ou brə; ès Champs du Brit Vd Villars‑Tiercelin, ou Bruil dou Vilar 1317: ḕ brə; au Bruë Vd Signy: an br, prés, champs. Voir aussi Hasselrot, Ollon, 262; Ke. Cert. 194; Jaccard, Topon. 53.

Dérivé: n. de l. Le Breuillet N Fontaines, le Brolliet 1342, 1401, «dessoubz le villaige de F. est le pré [du seigneur] lequel est en deux morcel... dont le premier est nommé le Grant Bruyl et l’aultre le Brolliet auquel y a une maison pour mettre les foings d’iceulx» 1531, au Brouillet, le Broillet 1545; le Brouillet N Bayard et Brév., ou Brollyet, ou Brolliat 1345: lə bròly, hameau, pâturages; au Brolliet F St‑Aubin: ao bròy (cf. ib. au Grand Bret: ao gran brə); en Broillet, au Clos Br. Vd Vuarrens: è bròly, ao ḥou bróly, prés (cf. ib. ès Brets: ḕ brə). — Noms de fam. Brolliet Vd Chéserex, G Gen.; Broillet F Belf. et Ponthaux: bròy.

Du gaul. *brogilos «bois clos»; FEW, I, 555 b; Schw. Id. V, 594. Parmi les nombreuses mentions anc. des n. de l., quelques‑unes ont sans doute encore la valeur d’un appellatif; presque toutes sont d’ailleurs accompagnées de l’article. Comme il est impossible de départager avec certitude les appellatifs et les n. de l., nous donnons sous toute réserve quelques citations dans lesquelles breuil nous paraît être nom commun (1o). Dans N et B, où nos matériaux permettent de préciser, les terrains qui portent les noms de Breuil, Broillet, etc. sont en grande partie des prés ou des champs à proximité du village, souvent sis au bord d’un cours d’eau. — Quant à Vd Coppet brail «hallier, fourré de buissons» que Br. rattache à breuil, nous n’avons pas réussi à établir s’il s’agit d’une forme patoise ou d’une citation tirée d’un document ancien. — Cf. brévr, brlye. Aeb. Sch.

Pour citer cet article : BREUIL (réd. Aeb. Sch.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 780.

Marge de droite