Tome II page 786
 

2. bri Vd 20, 82, Dum., Bibl. 2387, F 1‑5, N 12, B 33, briə 32, bré Vd 54, 61, G Compesières, N 2 Buttes, 31, 4, B 21, 22, brē N 21, brey 2 Fl., XVIIe s. Barrillier, brḕ B 44, brā 42, 45, 48, 5, 60, 6 Ocourt, Gué., Bié., Vatré. Anc. formes bré Vd Clées 1688, N XVIe‑XVIIe s., brez 1596, brey Vd 1545, N XVIIe s. Fr. bré vx Pier. 78, 672. Cf. n. de l. et de fam.

‖ S. m. 1o Action de tourner, mouvement tournant que l’on fait faire à un véhicule (F Gruy., B Underv., Charm.). ‖ Tournant, détour, dans faire, bailler un bri, etc. «En traversan la planssé de Foron | E fet on bré poi tonba so le pon», en traversant la planche du Foron, il (le curé de Langin) fit un crochet et tomba sous le pont (G XVIIIe s. Mussard, Compesières, str. 31). «Au‑dessus du brey et retour que faict ledict canal» (N 1637. Pier. 672). L’āv fè dḗ brā, la rivière serpente (B Mett.). Su tchmaïn fè aïn gró brḗ, ce chemin fait un grand coude (B Plagne). «On fesè dé bré avoué lo cuté quan on trovêve dé gormô», [en coupant les tourtes] on faisait des détours avec le couteau quand on rencontrait des noyaux (N Buttes. Pat. neuch. 342). «To de dgea... qu’treuvâ que, por arêvâ pieu toue à la gôrdge, i n’fau pa alâ baillie on gran brey, â passan d’van lé z‑euille», tous gens [batteurs en grange et journaliers] qui trouvent que pour arriver plus tôt à la bouche, il ne faut pas faire de grand détour en passant devant les yeux, c.‑à‑d. qui ont un appétit dévorant (N Planch. Pat. neuch. 156). Bèyiə l (bon) brā, faire tourner (de façon convenable), fig. imprimer à une affaire la (bonne) direction, donner le coup de barre (B Charm.). 2o Endroit où s’effectue un changement de direction, tournant (Vd, F‑B). «Au bré du chemin par lequel on monte à la montagne» (Vd Clées 31 mai 1688. AC, cote Ba 33/5, 529). Ïn kò brā, un tournant brusque (B Sépr.). On bri kour, un endroit où il est malaisé de tourner (F Gr.‑de‑V.). È n’y é p prou d brā, il n’y a pas assez de tournant (B Charm.). Montā tò pa bré, monter tout en lacets (N Sagne). Da tò lè bré, en tous sens (N Ch.‑de‑F.). Prindrə lə bri pə gran, prendre le tournant plus large (F Épendes De.). Èl é mā pri son brā, il a mal pris son tournant, fig. il s’y est mal pris (B Charm.). L a p chu prandrə lou bri, pu l a vs, il n’a pas su tourner et il a versé (F Prez‑v.‑S.). Prindrə don [du] bri (F Attal.), pèr di brā (B Épauv.), «prendre du tournant», s’assurer une place suffisante pour tourner. ‖ Croisement: «Devers orient de la ditte muraille auprès de la charriere au brey d’icelle et d’une chousiez [chaussée]» (Vd Molondin 1545. Mi.). ‖ Fig. É va pè brē, il parle par détours, il ne dit pas toujours la vérité (N Couvet). S bòtḕ ch lo brā də..., se disposer à (B Charm.). No son ch lo brā d pètchi, nous sommes sur le point de partir (ib.). Noms de lieux (choix). Au Brez Vd Crissier: aó bré, vignes dans un angle formé par deux chemins; au Bry F Pont‑en‑Ogoz: ṓ bri, à un fort tournant de la route; Brecht F Neyruz vers 1200 (Gumy, Regeste de Hauterive, 114). Noms de famille: Dubrit Vd Curtilles, Moudon, Sottens: dao brə; «Richardus de Brest» Vd Crissier 1227 (MDR, 3e sér., III, 232).

Dérivés: brāt B 60, petit virage; brāt, ‑z B 54, tortueux; brād B 42, 6 Gué., Vatré, faire un contour, contourner; brāddj B 6 Vatré, tournant, virage.

Subst. verbal de brit «tourner un char». Cf. brḗlay, brèy, rəbr. Aeb. Sch.

Pour citer cet article : bri 2 (réd. Aeb. Sch.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome II, p. 786.

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