capitan, cap(p)itan(t) Vd 7 Orbe 1463‑1498, F 1438, cap(p)itain 1410‑1476; kapitn V 71, N 20, 2 Boveresse, 2 Hæf. (p. 67), 31, 34, ‑aṅ V 80, 81 (‑pì‑), kapətan 46, 47 vx, 50 vx, 60, 84, F 14, 15, 17, 1 Bor., 51, kaptan V Ba., F 14 var. Co., 1 Hæf. (p. 62), kapètan F 3‑5 (Hæf. 62), kapitin B 47; fém. kapitn·na N 2 (Hæf. 59), kapə‑ V 50, F 10. Cf. n. de l.

‖ S. m. 1o Capitaine, chef militaire (anc. Vd Orbe, F). «Eis archieff, quant lour firent la monstre a lour capitan» (F 1438. Comptes Trés. 71 bis. AC). «Unes coraches [cuirasse] pour monsegnour le capitain» (F 1447. Comptes Hôp. AC). «Messire le capitant du chastel» (Vd Orbe 1463. Comptes. Ac). 2o Capitaine, officier dans l’armée (V Bagnes, Cham., Ba., F, N). Ṣ a kapətan, les membres d’une famille descendant d’un certain capitaine (F Gr.‑de‑V.). Au fém., femme du capitaine (V Cham., N V.‑de‑Tr. Hæf.). ‖ Capitaine de bateau (F Gru., Gr.‑de‑V., N Brév., B Pleigne). ‖ Kapətan dou fu, commandant des pompiers (F Crés., var. Roche, Gr.‑de‑V.). 3o Président de la société de tir (V Lens, Mont.). Ë nounhr ënḥyn·na chba | chounm prou tòt dè bonj infan | adon pacha lì mitya | charéṅ d’ënḥyan kapitaṅ, dans notre «Ancienne Cible», ils sont sûrement de tout bons enfants, alors plus de la moitié seront un jour (?) anciens présidents (V Lens. Lautbibl. 69, 6). 4o Président de la «Société du village», formée de l’ensemble des bourgeois et qui s’occupe principalt des eaux du village et des intérêts de la chapelle; il est généralt nommé à vie par l’assemblée du village (V Sav.). Fou [ceux] dou kapətan, les descendants d’un c. Nom de lieu. Inklouché dou kapətan V Grimis., écluse du c. 5o Partik, kapətan! partez, capitaine! jeu d’enfants (V Grône). Voir description sous capitaine 4o. 6o S. f. Celle qui est à la tête (F Montb.). La kapətn·na də haou koroulè, celle qui mène ces danses.

Dérivé: kapətan V 60, diminutif de kapətan (sens 4o).

Emprunt, probablt à l’italien; cf. Battisti‑Alessio, I, 735 a. Attesté comme emprunt à l’italien une seule fois en afr. (To. II, 36) et plus fréquemment à partir du XVIe s. (Huguet, II, 84), ce terme est courant en SR dès le XVe s. déjà; FEW, II, 257 a. Cf. capitaine. Ma.

 

Pour citer cet article : capitan (réd. Ma.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome III, p. 74.