Tome III page 219
 

cerneux B 4‑5 XVIIIe s.; san N 31 (‑ var.), 32, 41, 42, B 28, sèn 50, 54, 5 Saignelégier, Breuleux Va. (et sèrn). Cf. n. de l. — Rel. phon. 1899; Pier. 103.

‖ S. m. 1o Pâturage, spécialt pâturage d’été ou de montagne (N, B), pâturage entouré d’une clôture ou d’un mur (N Mont., B Bois, Épauv.). Mnā lè btè i san, conduire le troupeau au pâturage (N Brév.). Ïn tchvā ā sèn, un cheval au pâturage (B Saignelégier). Dèkonbrā lə san, déblayer le pâturage (N Ch.‑de‑F.). On san pyin d b, un pâturage bien boisé (N Brév.). Pḗrgā lə san, fumer le pâturage (ib.). «Cerneux ruageant»: s’il est converti en pré ou en champ, son propriétaire a un droit de pacage sur le «communal» (B Bois 1753. S. jur. Ém. 1956, 136‑8). 2o Clôture d’une métairie (B Breuleux Va.). 3o Noms de lieux, qui se rattachent au sens 1o (choix; aire: N Cern.‑Péq., B distr. Moutier, nord). Le Cerneux B Court: i sarn, prés; dos ou sous le Cerneux B Courchap.: ou dó l srn; Cerneux, Pâturage du C. B Monible: ā tchinpa di sèrn, prés, pâturages; le Cerneux B Bourr. (Sgf. 89), le Serne 1775, 1820: ā sn, forêt, pâturage; le Cerneux B Boécourt, Saineux début XIXe s.: é sn, prés, champs; Cerneux de la Cernie B Bois; au Saineut B Chev.: ā sèn, prés de montagnes. ‖ Avec déterminatifs: le Gros‑Cerneux B Eschert (Sgf. 109): ā gró srn, prés, forêts; le Petit Cerneux B Breuleux: l ptè sèn, prés, champs; Plain Cerneux B Muriaux: ā pyin sn, bâtiments, prés; le Peux Cerneux B Montfavergier: ā p sèn, bâtiments, prés, forêt; Cerneux sur l’Eau B Mervelier (Sgf. 98): ā sèrn chu l’āv, prés sur la rivière; Closure des Cerneux B La Chaux (Sgf. 118): an la syózur dé san, bâtiments, prés, forêt; le Cerneux‑Péquignot: i sèn, commune de N distr. Locle; Cerneux aux Écabert B Peuchapatte: ā sèn èkābyḕ ou éz ékābé, champs, autrefois pâturage; Cerneux‑Belin B Saignelégier: l sèn blïn, bâtiments, prés, pâturages; le Cerneux‑Crétin, le C.‑Gintat, etc. B Noirmont.

Dérivé: n. de l. au Cerneuset B 2 Villeret (Sgf. 118), prés.

Dérivé du rad. de cerne ou de cerner au moyen d’un suff. obscur, qui est p.‑ê. ‑eolu comme dans N Mont. et B ékur, étyur «écureuil». Cerneux aurait alors un parallèle dans le fém. Cerniaule. Pour B on peut admettre aussi le suff. ‑atīciu, qui se rencontre par ex. dans B Vermes échèrt «endroit déboisé, clairière», dans les n. de l. les Breuleux, litt. les brûlis, Beucheu id. (sous bch dér.) et p.‑ê. Cerney. Mais les formes neuch. Cerneux, san ne peuvent pas s’expliquer par ‑atīciu. Voir J. Surdez, Cerneux, cernier, cernil, cernie, dans S. jur. Ém. 1956, 127. Cf. Cerneutat, Cerneuyat, cerney, cernil. De.

Pour citer cet article : cerneux (réd. De.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome III, p. 219.

Marge de droite