Tome IV page 48
 

chtòk, chtok F 14 Co. (‑ə), 63, N 61, B 12, 22, 26, 3 Mervelier, Roche, 40, 41, 48, 50, 60, Bibl. 922. Anc. stoc(k) F 1471‑1478, N 1712, stoick B 3 1356, estoc Vd 33 1703. Fr. chtoc, stoc N, argot mil. Roux.Pier. 578.

‖ S. m. 1o Gros pieu (F Sugiez). Bâton (F Gru.). 2o Chtòk də ḥutə, petite enclume à tête carrée, sur laquelle le cloutier dégrossit la baguette de métal dont il formera un clou (B Charm.). 3o Parmi les outils de menuisier: «Un gros estoc estimé 40 lb.» (Vd Vevey 1703. Not. Robert. AC). ‖ Partie mobile de la presse du banc de menuisier (B Charm.); cf. Maissen, Holz, 200‑201. 4o Sens incertain dans: «Pour un tonneau de bois de sapin pour étuy d’un stock ou tonneau de fer, lb. 1» (N 1712. Comptes Villmergen, 17. AC). 5o Cep, anc. instrument de supplice: «Le stock se composait de deux blocs de bois rivés ensemble par une charnière et un écrou, et percés de trous dans lesquels on fixait les bras ou les jambes de l’accusé» (anc. N, dans Pier.). 6o Grand cierge, avec le chandelier de bois sculpté qui servait à le porter (F XVe s.); voir fig. dans Fribourg artistique, 1894, pl. VI et VII. «Pour faire le sierge dou stoc de Pasque» (F 1471. Comptes Hôp. AC). «Eis enfant qui portaron les siergo et les stoc deis mistier [corporations]» (F 1478. Ib.). 7o T. de jeu. Djər ā chtòk, jouer au ch. (B Vicques): en lançant une boule ou une pierre, les joueurs essaient de renverser le plot de bois sur lequel ils ont placé leur enjeu (haricots, boutons, pièces de monnaie); celui qui y réussit gagne l’enjeu. Synon. sous borne 7o 1, bouton folkl., tronchet; cf. aussi stòkl «jeton». 8o Di [du] chtòk é pmé tré, de la purée de pommes de terre, préparée avec du lait, qqf. de la crème, et du beurre frais (B Prêles). «Des pommes de terre chtoc» ou «des chtoc», même sens (fr. rég. N Ma., Voi.). ‖ Pommes de terre cuites à l’étouffée (fr. rég. N Pier.; exact?). «Un plat de stoc». 9o Maison? (B Delémont 1356): «Cuy que celuy est que suit l’autre d’armes emolues, oultre son stoick ou oultre le stoick de ung aultre bourgois, ou que boutte ou ruet freuelusement a sa maison, celluy doit donnez a l’uvre de la ville vingt solz» (Trouillat, IV, 99). 10o Petite maison d’habitation, construite à part du bâtiment principal de la ferme (B Plagne, Mervelier). A dmour u chtòk; s’é lə grandji kə dmour dan la grṑs mḕjon, il habite le ch.; c’est le fermier qui habite dans la maison principale du domaine (Plagne).

11o Fig. 1. Loc. L é mè [comme] on chtok, il est immobile (F Sugiez). «Rester là comme un stoc», demeurer stupidement planté, bouche bée (fr. rég. N Pier.). 2. Lourdaud, personne lente dans ses mouvements (B Prêles, Cortéb.; fr. rég. N). Mā k fat i adé lè, si bougr də chtòk? mais que fait‑il toujours là, ce bougre de ch.? (B Prêles). «J’ai bien peur qu’elle ne donne une schlampe, un stock, dans un ménage» (fr. rég. N Colombier. Mess. boiteux Neuch. 1904, 76). ‖ Benêt, nigaud, simple d’esprit (N Land., B nord; fr. rég. N), aussi: indifférent, qui ne parle pas beaucoup (B Roches). «Venis tos, retsche et poer, venis stoks et saivaints», venez tous, riches et pauvres, simples d’esprit et savants (B Bibl. 922). T. d’injure à l’adresse d’un homme (B Vermes). ‖ Aussi s. f. In·n grṓs chtòk, d’une mauvaise écolière (ib.). ‖ Adjectivt. Èl ā tro chtòk, il est trop bête (B Charm.). «Il a l’air stoc» (fr. rég. N Pier.). Dmorḕ chtòk, rester court, penaud (B Charm.). 3. Argot mil. Stock, langue allemande (Roux).

Emprunté de l’all. s. et alsacien Stock qui a déjà la plupart des sens enregistrés en SR; cf. Schw. Id. X, 1674 ss.; Mart. II, 583; Tp. Lehnw. II, 166. — Cf. chteuc, chtòkl, estoc, stòkl, yochtk. Sch.

Pour citer cet article : chtòk (réd. Sch.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome IV, p. 48.

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