CLASSE, kls(ə) V 45‑47, 51, 6‑8 passim (et ‑é, ‑ì), F 15, N 31, B spor., ‑a Vd 41, klachə 23, ‑i pl. V 22, klyasa Vd 61, 82 (‑è), 9 Mat., klyas V 72, kłāsì 86, kyasa 76, ‑o G 18, ‑é 20, ḥlyasə Vd 90, klyèsə F 63. — Pier. 132.

‖ S. f. 1o Classe sociale (Vd‑B spor.). L apartin a la yta ḥlyasə, il appartient à la haute cl., se dit par dérision d’un orgueilleux (Vd Sassel). ‖ Ensemble des personnes du même âge (V Nend., Cherm.; fr. rég. V). Lì klsì dë nonn·nte siṅ chṅ a·p proməna  Chempyṅ, les hommes nés en 1895 sont allés se promener au Simplon (V Cherm.). «Par ce radieux dimanche, la classe 1907 faisait sa sortie à Derborence» (V Nend. F. d’Avis du Valais, 12 sept. 1959). 2o Nom donné à chacune des subdivisions territoriales de l’Église protestante et à l’ensemble des pasteurs qui y exercent leur ministère (Vd 1537‑1863). Le pays de Vaud comprenait les cinq «classes» de Lausanne, Morges, Payerne, Yverdon et Orbe; cf. Vuilleumier, Hist. de l’Église réformée du Pays de Vaud, I, 278 ss.; Richard, Ref. Kirchenterminologie, 134. «Les ministres du lieu et classe en laquelle il doibt exercer son office» (Vd 1543. Richard, 136). «Augustin Marlorat, Ministre de Veveys et doyen de la classe de Lausanne» (Vd 1557. Vuilleumier, I, 758). «Actes de l’Assemblée des ... cinq v[énérables] Classes du Pays de Vaud ... Que LL. dittes EE. ayent la bonté de faire attention aux plaintes que les classes peuvent leur porter contre les Ministres dereglés, scandaleux et incorrigibles» (Vd 1712. Ib. III, 754). «On appelle classes dans ce pays les compagnies de pasteurs qu’on appelle ailleurs des synodes» (Vd Vevey 1766. Mém. Soc. œcon. Berne, 1766, I, 23). ‖ Corps des pasteurs de l’Église protestante de Neuchâtel (N 1538‑1849); cf. Richard, l. c. et la bibliographie citée par Pier. «Je demeure près de Neufchâtel, ministre de la dicte classe en ung village appelé Cortaillod» (N 1543. Richard, 136). «Nous le doyen et les frères ministres de la classe» (N 1589. Musée neuch. 1902, 134). «La classe de Neuchâtel, c’est‑à‑dire la compagnie des ministres de cette ville» (N XVIIIe s. Rousseau; cf. Ann. Rousseau, III, 47). «La rigueur dont la vénérable classe juge à propos d’user contre moi» (N 1765. Ib.). 3o Classe d’école (spor. V, F, B). ‖ École (V); parfois au pl. A Tò lè Chin komnsè li klas, à la Toussaint, l’école commence (Pains.). È infanṅ vaṅ èṅ klas èṅdi chat aṅ taṅk a kìnzə; a kìnz an l an frnéi klas, les enfants vont à l’école de sept à quinze ans; à quinze ans, ils ont fini l’école (Arb.). Chre lé kłsé, aller à l’école, litt. suivre les cl. (St‑Luc). L è fra dè klasə, il a fini l’école (Pains.). Kłòkā la klas, sonner la cloche de l’école (ib.). Meijon dè klas, maison d’école (Vernam., var. Est passim). Pło də klasə, id. (Pains.). Mla ou chak dé kłsé, sac d’école (St‑Luc). ‖ Au pl. Études (V Est spor.). Ly a fi dè klas, il a fait des études (Arb.). I fè é klsé dé médésin, il étudie la médecine (Sav.). Lə tsaṣèlan y avé lò fəs é kysè pò lò frè veni nòtro, le juge avait son fils à l’école de droit, litt. aux cl. pour le faire devenir notaire (Haud.).

Dérivés: kłaské ou kłasy·n V 86, s. m. pl., écoliers.

Emprunt; FEW, II, 745 b. Lé kłaské «les écoliers» est en réalité adapté du fr. classique, mais se comporte sémantiquement comme un dérivé local de classe. Ma.

 

Pour citer cet article : CLASSE (réd. Ma.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome IV, p. 97.