Tome V page 149
 

dəd, ddō, ‑ṓ B 22, 2 Tramelan, 32, 36, 4‑6, ddou 27. Anc. dedoz B 1355, XVIIe s., 1717, dedoux 1267, 1343; patois dedo B 4 XVIIIe s. Paniers. Cf. n. de l.

I. Dəd seul. 1o Prép. Sous (B). «Dedoux le tertre de Bonat» (B Bellelay 1267. Trouillat, II, 176). «Es champs dedoz le cloz» (Moutier 1661. Reg. not. 1093/1, 184. AAEB). Dədō lè tyər, sous terre (Épauv.). È s’ā nayiə dədō l’étyuj di mlïn, il s’est noyé sous l’écluse du moulin (Aj. Va. 82). Dədō l tè, sous le toit, c.‑à‑d. dans les combles de la maison ou sous l’avant‑toit (Mett.). ‖ Substantivé. Lə ddó l’óta, l’espace devant l’écurie, litt. le sous la maison (Épauv.). 2o Adv. Dessous (B). T v [veux] tchāə ddṓ, tu vas «tomber en bas» (Plagne). Vè ddō! va dessous! (Pleigne). Lin·nyiə dədō, souligner, litt. ligner dessous (Aj. Va. 175). Pyèra é Djan étïn ddō kə rèmésïn tò, Pierrot et Jean étaient dessous et ramassaient tout (ib. 183). Autre ex. sous corner 1o. 3o Détermine un subst.: «Li vergier a la dame de Balme a chavon [bout, extrémité] dedoz, et li diz messir Richer a chavon desuz» (Porr. 1355. Trouillat, IV, 88). «En la rive dedoz de la combe es Guenin» (Moutier 1641. Reg. not. 1092, 181. AAEB). Dé ròb dədṓ, des jupons (Courchap.). È m fā rpḗsḕ mon ḕyon ddō, po l détéynḕ, il me faut repasser mon jupon, pour le défroisser (Ocourt). Lè ml dədō, la meule inférieure, fixe (Mett.). Cf. bout 5o 1. Loc. San dədō dəchu, sens dessous dessus (Pays Dim. 1898, 44). Noms de lieux. Clos Dedoz B Sorn.; Fin Dedos B St‑Br.: an la fïn ddó, champs, fr. fin dessous. 4o S. m. Partie inférieure (B). Lə dədṓ də la tèby, le dessous de la table (Plagne). Lə dədṓ dé bra, les aisselles (ib.). Lo ddō di piə, la plante des pieds (Charm.). əl dədṓ, le fond de la cafetière (Vicques). ‖ Rez‑de‑chaussée (Courrend., Mett., Charm.). Dmorè din l dədō, habiter le rez‑de‑ch. (Charm.). ‖ Lé ddō d l’èfḕr, les dessous de l’affaire (Mett.; var. Plagne, Vermes). Lḗ ddō, les secrets (Vermes). ‖ Èvè lo ddō, avoir le dessous, être perdant (Charm., var. Mett.).

II. Composés.

1. — ā ddō B 50, 60, 64. 1o Adv. È son ā ddō, ils sont ruinés, litt. au‑dessous (B Charm.). 2o Loc. prép. Ā ddō di pésèdj, au‑dessous du passage (Bois). Fig. Étr ā ddō d séz èfèr, être en déconfiture, litt. au‑dessous de ses affaires (Charm.).

2. — an ddō B 4 Courtételle, 6. ‖ Adv. En dessous.

3. — dvḗ ddō B 66, 6 Va., Jura Dim., Alm. Jura, dəvyè — 50, 5 Pays Dim., dvè — 40, 45, dè — 45 var., 48, dvar dədṓ 22, dva ddō 60, 6 Va. var. 1o Adv. En bas (B). Port sòli dè ddō, porte cela en bas (Sépr.). Èl ā dè ddō, il est en bas (ib.). Autre ex. sous courroie 9o. ‖ Spécialt. Dva ddō, au rez‑de‑chaussée (Charm.): Sé dva ddō, ceux qui habitent le r. 2o Loc. prép. Dvar dədṓ d la mèjaon, au‑dessous de la maison (Plagne). Dè ddō di tè, au‑dessous du toit, sous l’avant‑toit (Mett.). — Litt. devers dessous.

4. — par dəd B 22, pè ddō 60, pè dədō 6 Gué. ‖ Adv. Par‑dessous. Lo fuə [feu] pésè pè ddō lé təl, la foudre passait par‑dessous les tuiles (B Charm.).

Représente de dos; FEW, III, 145 b. L’aire du mot n’empiète que de peu sur la Fche‑Cté (Châtenois, Montbéliard, Damprichard, Sancey; classement erroné dans FEW, XII, 370 b et XXIII, 240 a). Pour l’évolution sémantique, il faut tenir compte du rapprochement déjà ancien entre dorsum et deorsum; cf. Ernout‑Meillet, Dict. étym. lat. sous dorsum. — Cf. et les comp. de ci II, 9, là‑, li‑. Kn.

Pour citer cet article : dəd (réd. Kn.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome V, p. 149.

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