Tome V page 826
 

dla Vd 10, 11 (attesté seult au pl.; sens 9o), 2, 31, F 10 Co., 13‑14, 1 Hte‑Gruy. L. Ruffieux, dṓla Vd 6 G.‑de‑Vd Gch. (sens 9o), ‑a 31 Gch. (id.). Anc. dol(l)a, ‑e Vd 6 1566, F 1408‑1479, 1581, N 1596‑1604, 1689. Fr. dole Vd 31. Cf. n. de l.

‖ S. f. 1o Cage d’escalier aménagée dans le sol à l’extérieur de la maison et conduisant à la cave; entrée de la cave (Vd Cuves, Ross., Roug., P. d’E. Br.; anc. Vd, F). «La fason de la dole et des gras [escalier, cf. gra] dou cetour [cave, cf. fèrt] de la dicte maison» (F 1408. Livre just. I, fo 30. AC). «Les dues doles du grunier de la ville» (F 1479. Comptes Trés. 154, fo 36 vo. AC). «B. repondoit que d’ancienneté le toict de la maison et audessus du poille dud. G. estoit tellement long et avançant sus la rue que la pluye ne tomboit en la dolle de la cave et certour de la maison dud. B. ... Iceluy toict avoit esté couppé et accourcy tellement que la pluye destillante [cf. dètèl 1o] dud. toict tomboit et entroit en lad. dolle et certour» (Vd Moudon 1566. Mi.). «Incontinent elle se cacha dans une dole de sertour» (F 1581. Livre noir, VIII, 31. AC). La dla dou ṣerto (Vd Roug.). ‖ P.‑ê. même sens dans: «On Valliser que l’on trouvast mort en la dolla de L. C.» (F 1466. Comptes Hôp. 154, fo 36 vo. AC). «Une maison jouxte une autre maison devers uberre, jouxte la dolla devers joran» (N Neuch. 1689). 2o Palier devant la porte de la cave, au fond de l’escalier (Vd Étiv.): La dla dou ṣèrtò. 3o Cave (F Montb. Co.). ‖ Cave à fromages (F Hte‑Gruy. L. Ruffieux). 4o Passage étroit entre deux maisons, venelle (F Gru.). ‖ Sentier entre deux murs (ib. corr.). ‖ «Galerie voûtée» (ib. Co.). 5o Trappe, ouverture dans le plafond de la chambre permettant l’accès à l’étage supérieur (F Grandv.). 6o Dalle, marche, sens supposé (anc. N Mont.): «Ilz debvont faire ... deux dolles de pierre, l’une pour aller au fournet [poêle, cf. forn] et une pour aller a une chambre haute» (1596. Not. I. Leschot, I, 3 avril. AC). «Faire les dolles devant la porte du poille [chambre de ménage] et devant le fornet» (1602. Ib. II, 14, 12 déc.). «Avec, fera la dolle et bouche du fornet» (1604. Ib. III A, 3 avril.).

7o Talus bordant un chemin (Vd Blon. pat. et fr. rég.). 8o Butte d’une certaine longueur destinée à recevoir des plants de légumes (ib.): Fó plyant lé tsou ḥlyāu su on·na dla, «il faut planter les choux‑fleurs sur une dole». ‖ Butte couvrant le pied des betteraves (Vd Villen.). 9o Chacun des deux talus incurvés, en terre battue, disposés de chaque côté d’un jeu de quilles et dont l’incurvation doit aider à conduire la boule sur les quilles (Vd Villen., Nov., Blon. Gch., G.‑de‑Vd id.); synon. douve, mont, pose; à Vd Ross., le nom s’applique aux rampes faites de planches. Dzu·i a la dla, jouer en lançant la boule sur l’une des d. (Vd Ross.); synon. dòl. Dju [jeu] a la dla, même sens (Vd Villen.). 10o Noms de lieux. Es Dolles Vd Rivaz 1694: ae dòl, quartier méridional du village; en la Dolaz Vd Begnins, vigne; la Dole Vd Chéserex (cf. CN 1261), Chalet de la Dole 1779, la Dôle 1864: la dla, la rta [troupeau] d la dla, alpage, chalet, bois, rochers; la Dôle Vd La Rippe: la dla, en fr. la dòl, même lieu que le précédent; la Dôle dès 1824, sommet dominant l’alpage précité à la limite de Vd Chéserex, Gingins et La Rippe (CN 1260), Dolaz 1628, 1837, la Dol(l)e 1779‑1813: la dla (Cont. dès 1878, 49: «âo pî dè la Doûlâ», au pied de la D.), loc. «ce n’est pas la Dole», ce n’est pas extraordinaire (fr. rég. G dès 1827): «Traverser le lac à la nage? Ce n’est pas la Dôle» (Hum.), «As‑tu lu le nouveau poëme de Z. Z**? — Oui, je l’ai lu; ce n’est pas la Dôle» (ib.); la Dolle Vd Gilly (CN 1261), Dola 1216 (Jaccard), Dollaz 1294, 1484 (Martignier‑Crousaz, Dict. hist. Vd, 311), bâtiments, prés, champs, bois; sur la Dolle ib., prés, champs, bois; sous la Dolle ib. (CN 1261): en fr. dòl, bâtiments, vignes, prés, champs; en la Dollaz Vd Rolle: en fr. dòl, pré, p.‑ê. même lieu que le précédent; la Dole Vd Coss.: a la dla, avó [cf. aval I, 4o] la dla, nom d’une rue; la Dollaz F Grandv.: a la dla, ravin, ruisseau, bois; la Dole F Pont‑la‑Ville (CN 1205), en la Dollaz 1846: a la dla, bâtiments, prés, champs; la Dolla F Sorens: a la dla, bois dans le Gibloux; la Dollaz F Vuadens (Sgf. 362): a la dla, bâtiments, prés, pâturages; à la Dolla N Neuch. 1705 Pier. ms.

Emprunt anc. de l’além. dole s. f. «creux»; FEW, XV/2, 65 a; XXIII, 80 b; Schw. Id. XII, 1675 ss. — L’appartenance des toponymes à l’appellatif dla paraît confirmée par le fait qu’ils désignent soit une combe soit une pente dominant un creux. La forme patoise du nom de la montagne de la Dôle a probablt été refaite sur la prononciation française. — Cf. adòl 1, dòl, dôle. Mül.

Pour citer cet article : dla (réd. Mül.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome V, p. 826.

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