ERBUE, èrbə J 65, ‑u Vd 7 Ballaigues, arbuə J 66, 6 Va. Cf. n. de l. ‖ S. f. Sorte d’argile d’un blanc jaunâtre dont on fait des tuiles, de la poterie ou dont on se sert pour maçonner intérieurement les poêles (J); terre rouge servant aux forgerons pour la soudure (Vd Ballaigues). An kry [cf. krouly] d lè bin·n arbuə è Bonfō, on extrait de la bonne argile à Bonfol (J Ocourt). Noms de lieux (choix pour J Del.). Les Prés Derbuz Vd Ballaigues: è prā d’èrbu; Champ d’Herbue J Chev., Champ d’Erbeux anc. plan non daté: é tchin d’èrbūə; Prés d’Erbues J Miécourt, «prati nostri dicti Erbue» 1310, «in loco dicto es Erbuez» vers 1340 (Trouillat, III, 167, 521): an prḕ d’èrbūè; aux Herbues J Beurnevésin (CN 1065): éz èrbū, champs; Pesses des Arbues J Bressaucourt: é pès déz arbu, champs; les Abues B Court (Sgf. 108): éz óbū, champs; les Abues B Moutier (CN 1106): léz ābū, champs; les Abues J Delémont (CN 1086): éz ābūə, bâtiments, champs; les Abues J Glovelier (CN 1085): éz ābū, champs; Sur les Abues J Corban: chu léz ābuə, champs; Clos des Abues J Courchap.: chó déz ābūə, champs; Longues Abues J Glovelier, champs; l’Aubue B Mall., Sorvilier: ò l’óbu (patois de B Mall.), champs; les Aubues B Loveresse, champs.

Du gaul. *albūca; FEW, XXIV, 301 a. En fr., où le mot est orthographié tantôt er‑, tantôt ar‑ ou encore her‑ (rattachement secondaire à herbe), il n’existe guère que des acceptions techniques relatives aux domaines de la métallurgie et de l’agriculture. Le sens de J est attesté dans un Mémoire sur la manière de perfectionner les tuileries, de M. Droz, avocat au Parlement de Besançon, où l’auteur recommande, pour la fabrication des tuiles, l’emploi de «la terre appelée commu nément arbue» (Mém. Soc. œcon. Berne, 1765, III, 297). Pour l’emploi du mot comme nom de lieu, cf. argile 1o fin. Ga.

 

Pour citer cet article : ERBUE (réd. Ga.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome VI, p. 648.