Tome VI page 747
 

èṣ, é‑ Vd 20, 21, 24, 2 Br., 31, F 1 passim (→ ‑h‑ 10), 21, 30, 4 Treyvaux, èchyou V 71 Lav., èchyouk 75; èḣlyou V 71 Lav. var. Anc. estiouz, ‑tiuz Vd 1 1471‑1501 Mi., ‑tyu V 4 Bagnes 1344, ‑tieuz Vd 1 1648 Mi., ‑tuy F 1475, 1481, estus Vd 33 1631, ‑z F 1473, etû Vd 3 1721 Mi.

‖ S. m. 1o Estivage, séjour du bétail sur les alpages durant la belle saison, temps passé sur un ou sur l’ensemble des alpages (Vd Cuves, Étiv., F Gruy., Ch.‑St‑D., Joux, Treyvaux; anc. V, F). «Denunciatum est curie ... quod Michaudus Culyet ... a aryau [a trait] totum l’estyu unam vacam» (V Bagnes 1344. Livre des clames. AASM). «Sus la montanye de Ganters durant tout l’estuz qui est X simene» (F 1473. Comptes Hôp. AC). «Est acoventé Gilliaume de Bonin pour estre vaullet dou vacherou durent estuy» (F 1475. Ib.). Férə on bou·n [bon] éhu, rester longtemps dans un pâturage (F Montb.). Kan l’èṣu ly è jou fournḕ, Pyro ch’ind è rèvunu to fyḕ kontrə la méjon, quand la saison de l’estivage fut terminée, P. s’en retourna tout fier vers la maison (F Treyvaux. Novi botyè, 23). ‖ Prəmi éṣu (Vd Blon.; var. F Gru. corr., Crés., Morlon), «premier esti(o)uz» (Vd distr. Aigle 1471‑1501), première période de l’estivage. «Permission accordée ... de mener paître leurs bestiaux sur les montagnes ... après le premier estiuz, soit après la première desalpation d’icelles» (Vd distr. Aigle 1471. Mi.). «Après le premier estiouz, soit après la première fleur» (ib. 1490). Son òou prəmi éṣu, on en est à la première période d’estivage (Vd Blon.). «Grand estiouz» (Vd distr. Aigle 1501), «grand estieuz» (ib. 1648), id.: «Tenir leur bétail ... dès le grand estieuz, qu’est un terme». Chèkon èṣu (F Gru. corr., Crés.), «second estiouz» (Vd distr. Aigle 1501. Mi.), seconde période de l’estivage. prəmi èṣu y è jou kryo, ma lə sèkon èṣu y è jou mèya, la première période d’estivage a été mauvaise, mais la seconde meilleure (F Crés.). «Petit estiouz», id. (Vd distr. Aigle 1501. Mi.): «La montagne de Chaudes s’enalpait ... pour la perception du premier fruit, soit pour le premier et grand estiouz, lequel étant fini, le second, soit petit estiouz, soit le pâturage de toute la seconde herbe appartient à ceux de Villeneuve». Dèréi éṣu, dernière période de l’estivage (Vd Blon.). 2o Alpage, lieu où le bétail pâture, aussi subdivision d’un alpage: «Et en l’estus de la montagne n’ayant aussy la commodité les abrevonner [voir ce mot], le dit (bailleur) sera tenu en supéditer a discrétion des gens d’honneur» (Vd Vevey 1631. Not. Maquelin. Mi.). «Auquel demandent payement de l’amende ... pour le dit F. avoir descendû son bétail de la montagne, soit changé d’étû, avant les autres compartionniers» (Vd Veytaux 1721. Mi.). Fó adéi mədzi on·n éṣu dévan dé pas a l’tro, il faut toujours faire pâturer entièrt une parcelle avant de passer à une autre (Vd Blon.). ‖ «Pâturage supérieur» (F Gru.). 3o Par ext. 1. Chaque époque de l’année où le bétail change de pâturage, saison (V Hérém. Lav.). 2. Été (V Évol.): ra l’èchyouk è pacha, ì vì·n l’óouton, maintenant l’été est passé, l’automne arrive. 3. Laps de temps, période (Vd Cuves, Ross., Étiv.). On bou·n éṣu, un bon moment (Vd Ross.). Laiy a on rəd [rude] èṣu, il y a bien longtemps (ib.).

4o Pièces situées à l’étage, surtout en parlant d’une maison de bois (Vd Cuves, Ross., P.‑d’E. Br., F Gru.). 5o Réduit (Vd Cuves). 6o Pièce d’un chalet, grange, etc. exposée aux courants d’air (Vd Ross.).

Du lat. aestīvus «estival»; FEW, XXIV, 235 a. Le rattachement à notre mot des sens 4o‑6o n’est pas assuré (FEW, XXIII, 3 a). — Cf. as hist., èṣ·ïn, estivage, èṣva, éṣuvyè, ètouv·ntsé. Ga.

Pour citer cet article : èṣ (réd. Ga.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome VI, p. 747.

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