Tome VIII page 449
 

gòr Vd 16, 20‑22, 24, 6 Moudon Br., Vd Dum., Cont., N 10a (‑ṑ‑), 13, 21, 2 Travers, 5, Jaq., Gui., B 20, 34, J 4 Delémont et Soyhières Jecker, gour Vd 6 Moudon Br. ms. (impr. «gaur»), Vd Br. Bibl. 1603, ga 31, 64, 69, Dum., F 1, 20, 21, 3 Villarimboud, 3 L’Homme, 4 Écuvillens, Lentigny, Treyvaux, 54 corr. var., N Gui., gò B 33, gé J 5 passim, 6 Gué., Fridelance, Va., Vd 10, 1 Aigle Isabel, 35, 36, 64 var., 66, 66a, 92, Cont., V 36 (‑ṑ), F 51, 54, 56, go J 35, 36, 4 passim, 60, 6 Fahy Bibl. 990, 6 Bié., Va., gou B 32; gə J 6 Va. Anc. gort Vd 9 1644, gour N 1 1596, gourre B 3 1461; patois goét J XVIIIe s. Bibl. 913. Fr. gor Vd Encycl. ill., N vx Pier., ‑d F 12, gour Vd Dum., G. Pfeiffer, Encycl. ill., F 1 Bor., N Gui., J 60, SR sauf N Pier. (prononc. gr), ‑t J 5 Surdez, ‑d 60, 6 Bié., goua Vd 31, go It., Pier. (prononc. gò, ), Encycl. ill., F 55, F et B‑J Pier. (prononc. gò, ), V 10 Zumthor, got Vd 1 F. d’Avis Aigle, 36, 64, H. Berger, Cont., La Liberté, gôt L. Bourget, Encycl. ill., gou B‑J Pier.;go (cf. hist.) Vd 61, Cont. Cf. n. de l. — Pier. 285, 706; ALFC 44 (J 36).

‖ S. m. 1o Creux dans le lit d’un cours d’eau (Vd Villen., Sav., Month., Penth., Pailly, Oron, Cont., F Gruy. passim, Attal., Ch.‑St‑D., Écuvillens, Lentigny, Treyvaux, Gr.‑de‑V., Font, Domp., N Montal., Sav., B Court, Crém., J Del. passim, Bois, Épauv., Charm., Fahy Bibl. 990, Aj. Bié., Va.; B 1461; fr. rég. Vd et F Gruy. spor., Estav., J Charm., Aj. Gué., Bié.); synon. chaudière 9o, creux 2, 1o fin, glyə 2o 2. «Tous les cours des aigues dedans la prevostey ... jusque ou gourre qui s’apelle Gurgonflan [voir ci‑dessous 14o] pres deis Forches [cf. fourche 7o 1] de Delemont» (B Prév. 1461. S. jur. Ém. 1967, 295). «De distance en distance, des gours, de superficie et de profondeur variables, rompent la ligne du cours d’eau» (fr. rég. Vd: A. Frossard, dans Pier.). Sé krao a on non a li; on di kə s’è on gao, è la Vənodzə un·n a dzoulyamun [joliment] dè sé non, litt. ce creux a un nom à lui; on dit que c’est un g., et la Venoge (rivière) en a passablement de ce nom (Vd Penth.). «Cllia chaudze ... peintsivè su l’édhie à ’na pliace iô y’avâi on pecheint go qu’avâi bin dix pî dè prévond», ce saule penchait sur l’eau (de la Venoge) à une place où il y avait un gros creux qui avait bien dix pieds de profondeur (Vd Cont. 1888, 46). Tə saré katsi [caché] dan si gò, tu serais submergé à cet endroit de la rivière (F Gr.‑de‑V.). Laiy a dai trité dè si gò, «il y a des truites dans ce got» (Vd Month.). Lè lrdè trtè chè pyjon din lè ga, les grosses truites se plaisent dans les creux (F Roche). «... Observer le démarrage subit de l’une d’entre elles (des truites) qui trahit l’emplacement des solitaires, calées dans l’ombre propice d’un gôt» (fr. rég. Vd. Encycl. ill. Vd, I, 98). «Nous explorerons surtout les gôts, c’est‑à‑dire les creux de la rivière» (fr. rég. Vd: L. Bourget, dans Pier.). Mé su bānyī dè on gò, «je me suis baigné dans un got» (Vd Month.). «Dou dè clliâo capucins étiont z’u sè bâgni dein on rio îo y’avâi on got, on crâo», deux de ces capucins étaient allés se baigner dans un ruisseau où il y avait un g., un creux (Vd Cont. 1889, 22). «Clliâo dou gaillâ ne s’étiont jamé plliondzi que dein lo Taleint, dein clliâo go que lo rio fâ on pou cé, on pou lé ...», ces deux gaillards ne s’étaient jamais plongés que dans le Talent (rivière), dans ces creux que le ruisseau fait çà et là (ib. 1902, 29). «Quemet passâve vè lo rio, à n’on got dè coûte lo bosson, ... lâi vint l’idée de sè betâ on bocon dedein lo got po sè rafraitsi», comme il passait vers le ruisseau, près d’un creux d’eau, l’idée lui vint de se plonger un moment dans le creux pour se rafraîchir (Vd Sav. Cont. 1914, 13). «En cette saison des bains, on repense au célèbre got à la Dame (situé à Corcelles‑près‑Payerne) ... Un creux de 20 mètres carrés où parfois un nombre égal de gosses prenaient leurs ébats!» (fr. rég. Vd: H. Berger, dans R. Berger, Vallée de la Broye, Morges, 1973 [sans pagination]). Ly avi on ga. L’vè fajḕ on vərè. La pitta l a vəri dədin è d’on kou l è jəlyə a fon, il y avait un creux (dans un ruisseau en crue). L’eau faisait un tourbillon. La petite a tourbillonné dedans et d’un coup elle est allée au fond (F Treyvaux. Novi botyè, 21). 2o Excavation circulaire creusée par une chute d’eau (J Bois; fr. rég. Vd spor.). «La galerie des sources (située dans les entrailles des Rochers de Nayes) ... est très rapide, c’est une série de cascades successives avec gours» (fr. rég. Vd: G. Pfeiffer, À la montagne, 93). «Inutile de retenir les enfants. Ils sont déjà en train de patauger dans les ‘gots’, et d’expérimenter le souffle puissant de la cascade» (fr. rég. ib. La Liberté, 1er juil. 2003). Prov. Lə sā d l’āv fè l gé, après la cascade, l’eau dormante, litt. le saut de l’eau fait le g. (J Bois). 3o Creux profond dans une mare (Vd Pailly), un lac (F Font). L a riska dé sé nayi din on gò, «il a risqué de se noyer dans un got» (Vd Pailly). 4o Nappe d’eau accumulée dans une dépression de terrain, une anfractuosité, etc. 1. Flaque d’eau plus ou moins étendue, mare, étang, ou sans précisions (Vd Aigle Isabel, Cuves, Ross., Étiv., Moudon Br., Vd Br., Dum., Cont., F Gru., Crés., Villarimboud, Hte‑Glâne L’Homme, N Auv., Val., Sav., Gui., B Court, J Dev., Courf., Movelier, Épauv., Charm., Fahy, Aj. Gué., Bié., Va.; anc. N, J; fr. rég. Vd spor., N Gui., Vd‑N Pier., J Charm., Aj. Bié.); à Vd Ross. et Pailly, on oppose gòr «grande nappe d’eau» à gẓə «simple mare» [cf. glyə 2o]. Gou d’ōv [eau], id. (B Mall.; var. F Gruy. Dict. pat., J Courrend., Courchap., Vicques, Pleigne; N 1596). «Estant par dela Noiraigue passant par pres d’ung lagot ou gour d’eau, ouyt [entendit] du bruit en l’eau» (N Colombier 1596. AC, cote B 23, no 10). «Sur l’Isenod [Isenau, l.‑d. et alpage de Vd Orm.] il n’y a ni fontaine ni ruisseau; mais la nature y a suppléé par des flaques d’eau, appelées vulgairement gours (impr. ‑r), où les troupeaux vont s’abreuver» (fr. rég. Vd Bridel. Conserv. suisse, V, 1814, 127). «Un canal parallèle au Rhône et communément appelé ‘le Bras’ s’étale là paresseusement, s’attardant parfois à quelque got solitaire» (fr. rég. Vd distr. Aigle. F. d’Avis Aigle, 15 juillet 1908). Ïn grō go d’āv, une grande nappe d’eau (J Vicques). Sèrtin gò an bin dé pèson, certains étangs sont poissonneux (Vd Aigle Isabel). Chi ga l é pyin dé rənyé, cette mare est remplie de grenouilles (F Villarimboud). «Les monoplans, ça n’est‑il pas comme de ces fines demoiselles [libellules, cf. demoiselle 8o] qui volent par dessus les gots et les étangs?» (fr. rég. Vd Cont. 1911, 23). «Quand l’è que fu dèso on pucheint publlio, iô lâi avâi on bocon de got, sè met à accouilli son’ameçon et sa bercllîre», quand il fut sous un grand peuplier, où il y avait un petit plan d’eau, il se met à préparer son hameçon et sa ligne (Vd Sav. Cont. 1905, 15). Dzənilyon ly èṣi dza jəl dutrè kou pò chè fòtrə din on gró ga, ma n’avi p lə kòrdzo dè chout dədin, Dz. était déjà parti plusieurs fois dans l’intention de se jeter dans un gros trou d’eau (pour se suicider), mais il n’avait pas le courage de sauter dedans (F Crés. Tobi, Fourdèrâ, 163). əl è tché dè lə gòr, il est tombé dans la mare (N Val.). «Le Bargie ... | crie, baîle [cf. bêler 2o 1], heule, comme in ouét | que ne sait [cf. savoir] se retirie d’in goét», le berger crie, braille, hurle, comme un ours incapable de ressortir d’un trou dans l’eau (J XVIIIe s. Bibl. 913). ‖ Go éz ōəy, mare aux oies (J Sépr.). «Lo veleïk ... que piondge kemé èna treute dè lo gor è canar», le voilà qui plonge comme une truite dans la mare aux canards (N Travers. Pat. neuch. 347‑348). Composé bot. rba dè ga, cresson de cheval, Veronica beccabunga L. (F Vill.‑s.‑M., var. Vd Blon.); synon. glyə 2o fin. 2. Grande mare formée par les eaux séparées d’un lac (Vd Const. 1644. Mi.): «L’estang ou soit gort du petit lac [de Morat] devers joran». 3. Petit lac d’altitude relativement profond (Vd Orm., Ross., Étiv., F Gru.). Lə gòr də Su Pəon [l.‑d. de Vd Orm.] è sé də lè Tnè [l.‑d. de Vd Ollon] an on·n è nāirə kə lou fā paritrè gró prèvon, le g. de Sur Pillon et celui des Tines ont une eau noire qui les fait paraître très profonds (Vd Orm.). 4. Source jaillissant à fleur de terre (fr. rég. Vd): «La Pierreuse [l.‑d. et réserve naturelle de Vd Ch.‑d’Œx] offre des sites très divers et accidentés, pâturages, pessières, cuvettes où sourdent des ‘gours» (Encycl. ill. Vd, I, 144). 5o Par méton. Terrain marqué par de petites cuvettes, endroit propice à la formation périodique de nappes d’eau (N Sav., Dombr.). 6o Emposieu (fr. rég. J Fches‑M. et Clos‑du‑Doubs Surdez): «L’eau disparaissait dans des souterrains par les gourts qui sont des emposieux, des entonnoirs». 7o Par ext. Gouffre, trou, abîme (Vd Orm., Vill.‑M. Co., Const., F Gru. Co., Roche rare, N Couvet, Jaq., J Bois, Aj. Gué., Va.). 8o Masse d’eau rassemblée accidentellement ou artificiellement. 1. Eau barrée en amont d’une écluse, et, par méton., endroit où elle s’amasse (B Orvin). 2. Flaque, petite mare que les enfants improvisent en faisant barrage à un ruisselet, à une rigole, etc. (J Charm. pat. et fr. rég.): Fèr dé go, «faire des gours». 9o Anse, petite baie sur la rive d’un lac (F Vill.‑s.‑M., Gruy. Cl. Glasson; fr. rég. V St‑Ging., F Estav.). 10o Petit filet d’eau (V Isér.): Èily a tòdrèi oun krè gṑ u fon du tòrè·n, il y a tout juste un petit filet d’eau dans le lit du torrent. 11o Bourbier, creux fangeux (Vd Orm., Blon.; fr. rég. Vd Blon.). Kour on ga, curer un bourbier (Vd Blon.). La kuma dé ga l é bna pò lé vèrvè, l’écume de bourbier est bonne pour soigner les verrues (ib.). ‖ Ga dé lizé, fosse à purin (Vd Blon.).

12o Par anal. 1. Flaque de liquide répandue sur le plancher, etc. (Vd Ross.); synon. glyə 5o 1. 2. Mare de sang (J Épauv., Charm.); synon. glyə 5o 2. Ïn grō go d sin, une mare de sang (J Charm.). «Que d’saing, c’â ïn vrai goé», que de sang, c’est une vraie mare (J Épauv. Surdez, Baichates, 20).

13o Fig. Bouche (N Couvet): Sta fna a on mètchan gòr, cette femme a une mauvaise langue.

14o Noms de lieux (choix sur une centaine; aire: Vd 2‑4 et 6‑9, V 2‑3, Liddes, Arb., F 1 et 3‑5, N spor., B‑J). Le Gour Vd Ross.‑Corjon: ou gòr, dépression de terrain où s’amasse l’eau à la fonte des neiges ou par fortes pluies; le Gour Vd Ch.‑d’Œx‑Sazième (CN 1265): vḕr lo gòr, petit lac au nord de la Cape au Moine; Vers le Gour ib.‑Toumalay (cf. CN 1265): vèr lo gòr (Isabel), ou gòr dou toumalae (Fankh.), enfoncement naturel où s’étend un petit lac; Gour de Comborsin Vd Roug. (CN 1265): lo gòr dè konbòrsin [cf. combe 6o] (Isabel), la gódə [cf. glyə 6o] de konbòrchun (Fankh.), petit lac au pied nord du Gummfluh; le Gort Vd Chardonne (CN 1244), en Gors 1610 (Mi.): in ga, bâtiment, prés, champs, bois; à la Moille du Gros Goz Vd Forel: la mòly daou gró ga, pré; ló gò dè goumḕ Vd Échall.‑Creux, autrefois lieu de baignade dans le Talent; au Gau de Tenalle Vd Gollion: ao g dè tənla, l.‑d. sur la Venoge; lou ga aon mounā [au meunier] Vd Maracon, l.‑d. près de la Broye; Champ du Gour Vd Moudon (CN 1224): ao tsan daou gò, bâtiment, pré, champs; Sur le Gor Vd Oulens‑s.‑Échall. (Sgf. 304), en Gors 1403 (Mi.): su ló gò, prés, champs au bord du Talent; lou ga don kòrdzon [Corjon, l.‑d.] Vd Rogivue, l.‑d. près de la Broye; Goz des Tenailles Vd Vucherens: lou gò dè tənāyə, gouffre d’eau, île; lou gò dè la balïn·na [baleine] ib, gouffre; le Goy Vd Abergement: lò ga, petite mare, source du ruisseau du Vuaz; en Gors Vd Chavornay, es Gors 1403 (Mi.): ḕ gò (ou: ), prés au bord du ruisseau des Combes; au Praz des Gorts Vd Essert‑Pittet: aè ga, p.‑ê. même l.‑d. que le précéd.; le Gor Vd Mutrux, affluent du ruisseau de la Tanne; au Gor Vd Ste‑Cr. (Sgf. 282): lə gòr, prononc. fr. le gour, champs, source au nord de La Mouille; Gord de la Chaudière Vd Chêne‑Pâquier 1757; Gots V Liddes: i gò, prés, bois, terrains broussailleux; le Go V Arb. (CN 1286), Goo 1879: u gṑ (Mr.), u gò (S. Bonvin, N. de l. Arb., mém. de licence dactylographié, Neuch. 1993, 13), alpages, forêts, autrefois mare; Gour‑Dessous F Grandv. (CN 1245), le Guaz 1688 (Mi.), au Gour 1744:  ga dḕjó, bâtiments, prés, bois, en amont d’un endroit profond dans la Sarine; Gour‑Dessus ib. (ib.):  ga déchu, bâtiments, prés, bois; les Gours F Morlens (CN 1224): è ga, bâtiments, champs; Goz de la Torche F Frib., Gor a la Torchi 1393 (Rec. dipl. V, 96), Gors de la Torche 1425 (Comptes Trés. 45. AC), Gor de la Torche 1470‑1484 (Blav. 29 et 130): a la trtsə (Aeb.), g de la tārtsə (Girardin), autrefois prés, bois, champs, aujourd’hui zone en partie occupée par une station d’épuration; les Gorts F Mur., ou Gor 1403 (Mi.), prés; en Praz Goz F Domdidier (cf. CN 1185): in prā gṓ, bâtiments, prés, champs; Vers les Gours F Montagny‑les‑Monts (CN 1184): in ga, bâtiments, bois, champs, étangs; les Gots F Vounaise: in gò, prés marécageux; Gore aux Chèvres N Cortaillod: u gor ḕ tsaivr; au Gour N Sav.: u gòr, prés, champ au bord d’un ruisseau canalisé, qui autrefois y débordait; le Gor N Neuch., petit vallon, autrefois cascade (cf. Musée neuch. 1889, 266 ss.) et moulins (cf. ib. 2007, 87 ss.); Gorécolon B Orvin, Gourd es Collon 1624: i gór é kólonṅ [cf. collon 3o], prés; Dos le Gôt B Tramelan‑Dessus: prononc. fr. sou l gó, pâturages, autrefois petit étang formé par la Trame; le Gros Gore B Corcelles (Sgf. 110): ā gró gór, prés, marais; le Gore Virat ib. (CN 1106): lə gòr virā, ruisseau avec chute d’eau; Sur le Gorr J Mervelier: chu l gòr, pré au bord de la Scheulte, mare; le Grandgourt J Bassecourt: ā grin gò, champs, forêt au bord de la Sorne; Go d’Ameré J Boécourt (CN 1085): ā gó d’mré, source; le Gour aux Oies J Courroux (CN 1086): ā gór éz ouay, prés, champs; le Gour Gonflant J Delémont, Gurgonflan 1461 [voir ci‑dessus 1o], creux au confluent de la Birse et de la Sorne; ā gè d térèch [Tariche, l.‑d.] J St‑Br., bâtiments, prés, champs, forêts, lieu de pêche; ā gè di pḕ [Poye, l.‑d.] ib., lieu de pêche; Côte de Beaugourd J Goumois‑Vautenaivre (CN 1104): é kót d bāgè, forêt, autrefois pâturage; ā gè di rmè [Ramois, l.‑d.] J Soubey, prés, forêts, lieu de pêche, où l’eau du Doubs est très profonde; Planches de Grandgourt J Bonc.: é pyintch də grangè, champs, talus, autrefois gouffre d’eau très poissonneux; Grandgourt J Courtemaîche, Montignez (CN 1065), Grantgour 1181 (Trouillat, I, 386), Grantgor 1244 (Doc. ling. SR, I, 35), Grant Gort 1262 (ib. 37), Grantgourt 1314 (ib. 62): grango (patois de J Charm.), ‑gè (Bonc.), ‑gé, grin‑ (Aj. Fridelance, Va.), domaine et prieuré (cf. Dict. hist.2 V, 749); Grandgour J Grandfontaine (CN 1084): an gringè, champs, prés; lə gè gri·a, J Montmelon, endroit très profond dans le cours du Doubs. Autres n. de l. sous chèvre 1, 1o fin, Fanchon 1, 1o, gòlyn 4o.

Dérivés: n. de l. Combatte sur Gouratte (‑ĭtta) J 6 Buix: an la kounbat chu gourat, champs; é krèpat chu gèrat ib., id.

Le premier type remonte au bas‑lat. gŭrgu (variante masc. du bas‑lat. gŭrga [pour la descendance duquel cf. gorge 1 hist.]; Duc. IV, 140 c) ou directement à gŭrgĭte (selon l’explication [par la syncope du ‑ĭ‑ de ce dernier] avancée par Fouché [Phon. hist. 465]); FEW, IV, 330 b; DEAF, G, 1022; ALLy 362; ALFC 154 lég. La var. gə donnée par Va. pour J Aj. est sans doute exogène (< Kjellén, Nozeroy, 173 [g]?). La diphtongue du second type est probablement tributaire du synon. kro (sous creux 2, 1o). Pour la difficulté de départ entre appellatifs et toponymes (qui concerne aussi bien les n. de l. que les attestations anc. et fr. rég.), cf. gîte 1 hist. — Cf. le suiv., dyra, gòrtse, gorge 1, gorraz, gérdj, ing. Fl.

Pour citer cet article : gòr (réd. Fl.), Glossaire des patois de la Suisse romande, fondé par L. Gauchat, J. Jeanjaquet et E. Tappolet, Genève, Droz, 1924-, Tome VIII, p. 449.

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